Les difficultés de la « Génération Y »

Depuis plusieurs mois, je me sens épuisé. J’ai d’abord mis ça sur le dos des nuits courtes et entrecoupées des pleurs de Miss Wallace (même si cela ne doit pas aider) mais même après plusieurs bonnes nuits, rien à faire, dés le premier pied par terre, je me sens épuisé. Malgré les vitamines, malgré les siestes le week-end, malgré l’aide précieuse de Mister Wallace… Je suis épuisé.

Pour trouver la cause de cet épuisement, je me suis penchée sur mon quotidien et là! J’ai eu peur!

Comme toute personne active et plus encore, parent, le quotidien n’est qu’une course. Après tout et n’importe quoi mais surtout après le monde. Je m’explique  : en y réfléchissant et en discutant avec mon entourage de toutes générations confondues, j’ai compris que ma génération, qui a gentiment été nommée génération Y (soit l’ensemble des personnes nées entre 1980 et 1999) doit être toujours plus performante et avant-gardiste au risque d’être très vite ringarde.

Professionnellement, on se doit d’avoir un emploi épanouissant ET bien rémunéré. Encore mieux : créer son propre poste ou entreprise en favorisant le free-lance. Oui, les générations Y ne se voient pas faire toute leur carrière dans la même entreprise pour en gravir les échelons (les entreprises jouent de toute façon de moins en moins le jeu). Nous sommes impatients ET exigeants. Nous préférons donc créer notre propre emploi avec nos propres contraintes ou changer d’entreprise tout les 3 à 5 ans. Je dois bien avouer que j’ai moi-même changé plusieurs fois d’entreprise (6 fois en 10 ans) pour des raisons économiques ou de qualité de vie. En même temps, nous avons dû nous adapter à la courbe du chômage qui peine à s’inverser depuis notre naissance…

Personnellement, nous nous devons d’être épanouie dans notre couple ou notre célibat (sexuellement parlant aussi) et dans notre vie familiale. A l’inverse des générations antérieures, les divorces et séparations se font plus facilement et ne sont plus perçues comme des échecs mais plutôt comme une façon d’avancer (Merci Sex and the city). Nos enfants se doivent d’être stimulés dés leurs plus jeunes âges (merci Montessori), sensibilisés à l’écologie, bien élevés et propres sur eux (habillés par Smallable). Ils ont de préférence été allaités, connus le cododo, portés des couches lavables, portés en écharpe de portage, transportés en vélos dés qu’ils se tiennent assis et éduqués dans la bienveillance et l’empathie (oui j’exagère un peu, je vous l’accorde).

Les difficultés de la "Génération Y"

Culturellement, nous nous devons d’être à l’affût de la dernière tendance : le dernier film primé au festival de Cannes, la dernière série Netflix, la dernière expo parisienne au Grand Palais, le dernier livre conseillé par Augustin Trapenard et le dernier spectacle de Nora Hamzaoui. Notre génération a la chance de connaître une actualité culturelle toujours renouvelée, toujours plus dense et plus innovante. Un bonheur c’est sûr mais quel boulot de se tenir constamment à la page pour ne pas être complètement perdu lors des discutions entre amis ou collègues… (un peu comme quand tu avais loupé le dernier épisode de Loft Story au collège). D’un autre côté, il n’y a jamais eu autant de télé-réalités toutes aussi affligeante les unes que les autres… pour moi c’est une grosse incompréhension(????)

Au niveau de notre consommation, nous sommes passé de la surconsommation à tout vas à cause des marques qui sortent des nouvelles collections tout les 3 mois, à la recherche constante des bons plans, avec l’arrivée des ventes privées, soldes flottantes, code promo et enseignes « discount ». Aujourd’hui, il faut consommer responsable et éthique. Faire attention à la provenance des produits, au respect de l’être humain et des animaux, de la qualité des matières premières et une forte préférence pour la consommation locale. Difficile de s’adapter, de ne pas se tromper, ne pas se faire avoir et de suivre, surtout financièrement.

Technologiquement, nous avons connus la naissance d’Internet, des téléphones portables puis des smartphones, les réseaux sociaux et les jeux vidéos (évidemment). Toutes ces technologies font partie intégrante de notre quotidien, paumés sans Internet ou 4G, notre smartphone est notre secrétaire, nos archives, notre GPS et notre meilleur ami dans toutes circonstances. Les réseaux sociaux, excitants au début, sont aujourd’hui une source d’information sans fin et l’activité la plus chronophage que je connaisse. Ils sont devenus un métier pour certains et une source de stress ou de mal-être pour d’autre, de quoi s’y perdre complètement. Je n’épiloguerai pas trop sur les jeux vidéos, ne me sentant pas concernée, mais dans mes souvenirs ils étaient vu comme le diable par nos parents, certains y ont laissé leur santé mentale et ophtalmique à force d’heures de jeux alors qu’aujourd’hui, la mode est au vintage et rétro-gaming, comme si nous étions nostalgiques de notre Mario et Sonic pixélisés face aux prouesses technologiques et graphiques qui débarquent.

Culinairement, nous avons connu l’apogée des fast food, de la mal bouffe, des sodas à tout les repas et des snacks bourrés de sucre et émulsifiants. Après nous avoir bien bousillé la santé et notre balance, nous les renions pour un mode de vie « healthy » en mangeant des graines, des protéines végétales et des courges Butternut (dont nous ne connaissions pas l’existence il y 2 ans). Ce changement est très bon pour notre santé et l’environnement mais tellement exagéré…. (ni voyez aucune critique, je mange des graines de chia tous les matins et mange un Burger King une fois par mois..)

Socialement, notre cercle d’amis est notre seconde famille. Il ne nous quitte jamais grâce à Facebook, Whatsapp et Snapchat. On se voit tout les week end pour des sorties culturelles ou alcoolisées. On se retrouve en vacances pour continuer les sorties culturelles ou alcoolisées. On se conseille, se soutient et on se prend en selfie… C’est sans doute ce que je préfère dans notre génération!

Enfin, notre image est devenue de plus en plus importante. Au collège déjà, c’était la guerre des marques de sport, au lycée, la guerre des enseignes de fringues espagnoles et aujourd’hui adulte, nous ne concevons pas de sortir avec autre chose que des Stan Smith ou Converses (encore des retours au rétro) aux pieds et des tenues mitraillées sur les blogs mode et chaînes Youtube tendances. Même si on se plaît tous à croire que nous ne tomberont pas dans ce moule, ce moule nous tombera dessus un jour ou l’autre sans même que l’on s’en aperçoive. J’exagère un peu à ce niveau mais tout juste, je lis énormément de blog mode et regarde beaucoup trop de vidéos Youtube et ce sont sans cesse les même produits, même silhouettes, même couleurs qui reviennent. Vous me direz rien n’a changé depuis le collège finalement (à part notre look, fort heureusement!!)

Les difficultés de la "Génération Y"

Je ne parlerai même pas de ce nouveau culte du corps parfait que nous martèle les médias et les réseaux sociaux qui me donne systématiquement envie de vomir mon dernier gâteau et d’aller courir 15 km pour devenir une « fitgirl ».

(Si vous êtes arrivé jusque là, vous avez mon respect éternel)

Aujourd’hui, il est très mal vu (pour  ne pas dire interdit) de passer son week-end en jogging affalé dans son canapé devant les Chtis à travers le monde en mangeant des chips à même le paquet en buvant du soda, alors que « chiller » en legging devant la dernière saison de Game of thrones en picorant des noix de cajou bio arrosés d’un thé détox, c’est tendance… (?????)

Cet article bien trop long, n’est pas une critique de ma génération ni de la société dans laquelle j’évolue avec plaisir la plupart du temps (bien que certains aspects me déplaisent) mais un exposé des faits, un exposé de tout ce qui m’épuise au quotidien.

Bien entendu, je parle de ce que je vois et vis au quotidien, ce sont pour beaucoup des généralités (pas du tout développées) dans lesquelles tout le monde ne se retrouvera pas, selon les catégories sociaux professionnelles, le lieu de vie, les passions ou préoccupations etc……

Dites moi si vous vous retrouvez dans certains points et surtout si d’autre choses vous aussi vous épuise dans notre génération (autant qu’elles vous épanouissent).

(Si tu es arrivé jusque là, je t’invite à boire un café quand tu veux 😉 )

Sur ce je vous laisse, je vais courir tout le week-end pour me cultiver et me socialiser alors que je ne rêve que de rester allongé dans mon canapé à regarder des séries AB1 en culotte et en mangeant du Nutella à même le pot sans que l’on me juge….

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4 commentaires sur « Les difficultés de la « Génération Y » »

  1. Genial!!! Tu as super bien exprimé ce que notre société à effectivement d’épuisant.
    J’ai plutôt un caractère de révoltée… Vous portez tous des Stan Smith bah je reste avec mes escarpins pour sortir et je vous merde !!! Au moins moi, je reste sexy 😛
    Vous avez fiat mille choses ce week-end, bah pas moi, j’ai chillé (for once) et a 37ans pas une ride ! 😉
    Je crois que c’est le loft qui a déclenché chez moi le contre pied de la société…. refus de suivre, refus de savoir, si j’avais été à Paris à l’époque, j’aurai moi aussi déposé mes poubelles devant M6!!!!
    Comme tu le dis très justement, il y a pleins de choses extra dans notre société ! Je crois juste qu’il faut se préserver de la frénésie qu’elle peut engendrer. As the British are used to say Keep calm and carry on 🙂
    Je suis expatriée depuis des années et je dois reconnaitre que notre cercle d’amis, notre famille[…] ne nous quitte jamais grâce à Facebook, Whatsapp et Snapchat. […] On se conseille, se soutient et on se prend en selfie… C’est sans doute ce que je préfère dans notre génération![…]
    Alors meme si internet et les réseaux peuvent être mauvais, bien utilisé c’est le plus bel outil de notre generation Y 🙂
    Merci pour ton article, you made my day!!!
    (J’ai tout lu! Tu passes par Montreal boire un verre ou chiller sur ma terrace 😉 )

    Aimé par 2 people

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire! C’est exactement ce que je voulais transmettre avec cet article, notre génération est tellement dingue et épanouissante qu’elle peut en devenir épuisante… Je suis tout à fait d’accord avec toi, f**k les stan smith et arrêtons de nous mettre la pression pour essayer de vivre le meilleur de cette génération. J’adorerais retourner à Montréal et surtout venir y partager un café 😉 . A bientôt!

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  2. Bien sur que je m’y retrouve puisque c’est aussi ma generation, quand bien meme je suis a peine plus vieille que toi. C’est dur je trouve toute cette pression, cette impression qu’il faut reussir et comme tu dis, ne serait-ce que l’exemple des weekends. Depuis que j’ai baby girl et des weekends a rallonge ca a un peu change mais avant tous les vendredis, j’angoissais limite sachant que la fatidique question allait arriver de la part de mes collegues « t’as quoi de prevu pour ce weekend? ». Bah pas grand chose, menage, courses et pis peut etre faire un peu les magasins. Si j’avais un truc un tant soit peu excitant qui changeait de la route je devancais la question « je vais a un concert samedi soir! » Parce qu’il faut faire quelque chose de « valable » de son temps. Ce n’est pas healthy de manger ce gateau non non non! Quoi un dessert, t’es sure? T’en a pas pris un y a un mois deja?Moi je dis, mange le ton Nutella Norma, jte jugerais pas, mieux meme, je te rejoindrais sur ton canap. Peut etre pas en culotte cela dit lol

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